Un dossier de Christian R. Page

 

Honduras Britannique (aujourd’hui Belize), 1er janvier 1924.

 

Une activité fébrile se tient au sommet du grand temple de Lubaantun, cette cité maya redécouverte quelques mois plus tôt par l’aventurier britannique Frederick Mitchell-Hedges. Depuis des mois, lui et ses hommes s’affairent à tirer de la jungle les ruines de cet important centre religieux construit aux alentours de l’an 700. Mais aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres. Quelques semaines plus tôt, en regardant par une fissure, Anna, la fille adoptive de Mitchell-Hedges, a remarqué un objet brillant sous le plancher du temple, tout au fond d’un puits. Comme si la lumière du soleil, pénétrant par cette fissure, se reflétait sur un objet métallique ou une surface polie. Mitchell-Hedges a aussitôt chargé une équipe d’ouvrir un passage. Les travaux auront nécessité plusieurs jours.

Vers midi, l’entrée du puits est suffisamment dégagée pour laisser passer un homme… ou une femme. Aujourd’hui, 1er janvier, c’est l’anniversaire d’Anna. L’adolescente fête ses 17 ans. Malgré ses inquiétudes « paternelles », Mitchell-Hedges a décidé de souligner l’événement en laissant sa fille aller quérir elle-même sa « découverte ». Il faut dire que l’affaire présente un minimum de risque. Anna aura simplement à se laisser glisser dans le puits jusqu’à « l’objet brillant » ; le saisir puis remonter ipso facto. Pour l’opération, elle sera attachée à des cordes assurées par les ouvriers.

Harnachée comme un mineur, avec son casque muni d’une lumière frontale, Anna est amenée au-dessus du trou. Puis, centimètre après centimètre, les ouvriers la laissent descendre dans les entrailles du temple. L’adolescente ne quitte pas des yeux l’objet qui brille sous ses pieds, quatre mètres plus bas. Arrivée au fond, elle dégage l’artefact a demi-ensevelie : on dirait une grosse pierre brillante de la taille d’une noix de coco. Elle l’enveloppe dans son chemisier et tire sur la corde du harnais : c’est le signal. L’adolescente est hissée à l’extérieur. Aussitôt à l’air libre, les hommes se pressent autour d’elle : tous veulent contempler le joyau. Il s’agit d’un crâne humain — grandeur nature — taillé dans un bloc de cristal de quartz. Éclairé par les rayons du soleil, il brille de mille feux. Frederick Mitchell-Hedges n’a jamais rien vu de pareil, ses compagnons non plus d’ailleurs. À l’aide d’un mouchoir, l’explorateur en nettoie la surface qui paraît vierge de toute marque d’outil. Puis, dans un geste théâtral, il le soulève à bout de bras pour le faire voir à tous ses ouvrier réunis au pied du temple. À l’unissions, quatre mots s’élèvent, comme une clameur : Las calaveras de cristal (le crâne de cristal).i

*

* *

Anne-Marie Le Guillon voit le jour le 1er janvier 1907 à Port Colborne, au Canada. Fille d’un couple d’immigrants français, rien ne la destine au départ à cette vie d’aventure que sera la sienne. Au contraire, c’est la tragédie qui semble au rendez-vous.ii

À cinq ans, alors que la petite Anne-Marie s’amuse avec l’une de ses sœurs aînées près du canal de Port Colborne, celle-ci est poussée dans l’eau par une autre fillette et se noie sous les yeux de sa cadette. Peu de temps après, une autre de ses sœurs meure brûlée vive dans l’incendie de la maison familiale.iii

Puis la Première guerre mondiale éclate. Pour contribuer à l’effort national, le père d’Anne-Marie retourne en France combattre les armées du Kaiser. Mais dans cette guerre de tranchées qui caractérise les hostilités, lui et ses compagnons sont exposés au terrible gaz moutarde. Il est démobilisé mais meure peu après, les poumons ravagés par les effets de l’agent toxique. Quelques semaines plus tard, la mère d’Anne-Marie décède à son tour en donnant naissance à son 11e enfant, mort-né.iv

Définitivement le sort s’acharne sur la famille Le Guillon…

Anne-Marie est prise en charge par ses sœurs aînées qui, hélas, arrivent difficilement à subvenir à tous les besoins de la famille.

Nous sommes alors en 1916. Lorsqu’il fait beau — pour éviter d’être un fardeau additionnel — la petite Anne-Marie va traîner du côté de l’hôtel situé juste en face de chez elle. C’est là que la fillette fait la rencontre d’un étrange visiteur anglais, un homme à la voix grave et au teint basané : Frederick Mitchell-Hedges.v

Frederick Albert Mitchell-Hedges est sans contredit l’un des personnages les plus étonnants de sa génération. On raconte d’ailleurs qu’il aurait servi de modèle à Steven Spielberg pour son personnage d’Indiana Jones. Né le 22 octobre 1882 dans le Buckinghamshire (à l’ouest de Londres), ce fils de petite bourgeoisie développe très tôt un goût pour l’aventure… et une aversion profonde pour toute forme d’autorité. vi À 12 ans, son insolence lui vaut d’être renvoyé de l’école.vii Mais l’enfant ne s’en formalise guère. Affranchi de l’institution, il a tôt fait de remplacer ses livres d’arithmétique et de grammaire par des récits extraordinaires : des voyages de James Cook aux aventures du colonel Percy Fawcett.viii Malheureusement son paternel ne partage pas sa définition du mot « éducation ».

Alors que Frederick vient à peine de fêter ses 16 ans, son père s’arrange pour le faire enrôler par une équipe de prospecteurs sur le point de s’embarquer pour l’Arctique. Par cette initiative, John Hedges espère faire passer à son fils ses goûts d’aventure qu’il juge irresponsables.ix Mais c’est plutôt l’inverse qui se produit… Sur les steppes enneigées, l’adolescent vit pleinement sa passion. L’aventure sera désormais son alliée.

Les années qui suivent Frederick « Mike » Mitchell-Hedges les occupent à parcourir le monde. Il pratique tous les métiers : antiquaire, explorateur, archéologue, conférencier, auteur et poète. Pour lui, une vie sans aventure ne vaut pas la peine d’être vécue.x En 1913 il est capturé au Mexique par les révolutionnaires de Poncho Villa. Condamné à être fusillé au milieu d’un groupe d’Américains auquel on l’associe, Mitchell-Hedges doit sa vie en entonnant devant le peloton d’exécution un très « patriotique » God save the King.xi

En 1917, à Port Colborne au Canada, il adopte la petite Anne-Marie Le Guillon, dont la mère est décédé en couche quelques mois plus tôt. La fillette se trouve dès lors parachutée dans un univers fantastique. Du jour au lendemain son passeport se transforme en un véritable guide de voyage : Angleterre, USA, Guatemala, Pérou, Honduras. Les Mitchell-Hedges ont définitivement la bougeotte…xii

Au début des années 1920, de passage au Belize, Mike Mitchell-Hedges apprend de la bouche de guides indigènes qu’il existerait à l’est des Monts Mayas — dans le sud du pays — des ruines qui ne figurent sur aucune carte.xiii Il n’en faut pas davantage pour aiguiser la curiosité de l’explorateur. À l’issu de mille péripéties — des crocodiles du Rio Grande à la terrible malaria — Mitchell-Hedges met à jour, en 1924, les importantes ruines de Lubaantun, une cité maya construite 1000 ans plus tôt.xiv Et c’est au cœur du grand temple de la cité que, le jour de son 17e anniversaire, Anne-Marie Le Guillon, devenue Anna Mitchell-Hedges, va découvrir l’extraordinaire crâne de cristal.

 

« Je n’étais pas autorisée à grimper sur aucun des temples de Lubaantun, de raconter Anne Mitchell-Hedges. J’aurais pu me blesser et mon père était très protecteur. Un jour j’ai entendu deux jeunes enfants mayas dire que si on montait sur l’un des temples on pouvait voir à des miles à la ronde. Évidemment, ma curiosité a été plus forte et j’ai grimpé avec d’autres enfants. On était-là, à regarder tout autour, quand un reflet de soleil m’a frappé au visage. Ce reflet provenait du crâne qui était sous l’édifice et que le soleil éclairait par une fissure dans la roche. J’étais très excitée et je suis allé aussitôt en informer mon père. Il m’a d’abord grondé pour d’être montée là-haut, mais ma découverte l’a quand même intrigué.

« Pendant des semaines, lui et ses hommes ont déblayé le passage et déplacer les pierres situées au sommet du temple. Quand l’ouverture a été assez grande pour laisser passer quelqu’un, j’ai été choisie pour être ce « quelqu’un ». Mon père m’a dis : « Tu l’as vu la première, alors à toi d’aller le chercher ». Je ne voulais pas y descendre parce que je me doutais bien qu’il devait y avoir des serpents là-dedans. Mais mon père a insisté : « Tu l’as vu, va le chercher maintenant. On va te descendre et te remonter ».

« Quand tout a été prêt, je suis montée sur le temple. Les ouvriers m’ont attachée une corde autour de la taille puis deux hommes m’ont fait descendre par l’ouverture. Je tremblais de peur. La seule chose que je voyais c’était des reflets sur cet objet. Dès qu’il a été à ma portée, je l’ai pris et je l’ai enroulé dans mon chemisier. Les hommes m’ont remontée aussitôt.

« En voyant le crâne, tous les Mayas qui étaient là ont embrassé la terre. Nous sommes alors redescendus du temple et leur avons donné. Pendant un an ou deux, les Mayas l’ont gardé, l’utilisant lors de fêtes et de rituels. Puis, un jour, ils l’ont redonné à mon père on lui disant : « Il est maintenant à vous, vous le méritez » ».xv

 

À en croire la légende des crânes de cristal, ces derniers. au nombre de 13, seraient les gardiens d’un savoir universel. Les descendants des Mayas racontent qu’à l’origine les crânes parlaientxvi et que le jour où ils seront tous réunis, ils révèleront leur secret. Jusqu’à présent, seul une demi-douzaine de crâne de cristal ont été découverts. Outre celui exposé au British Museum de Londres et celui du Musée de l’homme à Paris, les autres crânes appartiennent à des collectionneurs. On connaît très peu de chose à leur sujet. Les circonstances de leur découverte, pour la plupart antérieure à la découverte de Mike Mitchell-Hedges, restent nébuleuses. Leur taille varie de celle d’un melon — c’est à dire un peu plus gros que celui découvert à Lubaantun — à celle d’une balle de base-ball. L’un de ces crânes, dont l’existence est connue depuis le XVIe siècle, a même été « amalgamé » à une croix de style espagnol.xvii Mais curieusement, celui trouvé par Anna Mitchell-Hedges est d’une signature si supérieure aux autres qu’on a longtemps cru qu’il s’agissait d’une oeuvre moderne, un faux placé à dessein — peut-être par Frederick Mitchell-Hedges lui-même — à l’intérieur du grand temple de Lubaantun. Or, une étude menée dans les années 1990 par le British Museum, semble plutôt allée dans le sens inverse. C’est le crâne de Mitchell-Hedges qui serait l’original. Les autres ne seraient que des copies artisanales.xviii Des œuvres mayas certes, mais reproduites à partir du modèle original, à savoir celui trouvé à Lubaantun.

Anna Mitchell-Hedges et le crâne de cristal

Anna Mitchell-Hedges

Après la mort de Frederick Mitchell-Hedges, en 1959, c’est Anna qui a hérité de l’extraordinaire artefact.xix Jusqu’à sa mort (le 11 avril 2007, à l’âge de 100 ans), elle en est demeurée la gardienne.1 Pendant des années, elle a parcouru le monde, offrant aux scientifiques — et au public — l’opportunité de voir ; de détailler ; d’analyser ce que plusieurs considèrent comme la plus énigmatique relique archéologique jamais découverte. Le crâne de cristal a été photographié et étudié sous tous les angles et tous les éclairages. Pourtant, en dépit de ces recherches, il reste une énigme. Quelle était son utilité ? Pourquoi ses artisans mayas ont-ils choisi de lui donner un tel réalisme, contrairement aux autres crânes de cristal, beaucoup plus stylisés ; plus proche de l’art Maya ? Quel est son âge ? Et pourquoi le cristal ? Une partie de ces réponses est peut-être beaucoup plus mystique que scientifique…

Depuis l’avènement de l’électronique, et en particulier de l’informatique, nous savons que le cristal peut être utilisé pour emmagasiner de l’information. Tous nos ordinateurs sont équipés de cristaux de quartz qui sert à la mémoire vive. Pour les amateurs d’ésotérisme, le choix du cristal — par les artisans mayas — aurait beaucoup plus à voir avec ces propriétés « mémorielles » qu’avec l’aspect esthétique du matériau. Le crâne de cristal serait une sorte de « disque dur » où les anciens auraient stocké un savoir extraordinaire. D’ailleurs, la légende ne dit-elle pas que les crânes sont les détenteurs d’un fabuleux secret ? Mais si le crâne de cristal est ce que prétendent les mystiques, comment avoir accès à ces connaissances millénaires ? C’est ici qu’entre en scène Carole Davis.

Carole Davis est l’une des plus extraordinaires sensitives canadiennes. Ses étonnantes habiletés PSI l’ont amené à collaborer à maintes reprises avec les forces de l’ordre, tant au Canada qu’à l’étranger. Conséquence de cette longue collaboration avec les autorités, Carole a épousé John Gordon Wilson, l’un des inspecteurs-chefs du département des affaires criminelles de la police de Toronto.xx

Au début des années 1980, de façon tout à fait fortuite, Carole Davis accompagne chez Anna Mitchell-Hedges — qui vit alors à Kitchener en Ontario — des amis désireux de dater le crâne de cristal. La sensitive n’a alors qu’un intérêt mitigé pour l’archéologie et les civilisations anciennes. En voyant la mystérieuse relique elle n’est d’ailleurs pas impressionnée outre mesure. Mais dès qu’elle plonge son regard dans les orbites vides du crâne, ses sens s’emballent. Pendant deux heures, elle sera plongée dans un état de transe, en communication directe avec l’esprit du crâne. C’est la première d’une longue série de séance de « canalisation » (channeling) avec le savoir millénaire du crâne.xxi

Popularisé surtout dans les années 1960 et 1970, la canalisation est une forme de communication avec l’invisible très différente des séances de spiritisme auxquelles nous a habitués le cinéma. Dans la canalisation, contrairement au spiritisme classique, le médium n’est pas forcément en contact avec des défunts. À travers lui, de nombreuses entités — des anges, des guides spirituelles et même des extraterrestres — peuvent se manifester par « incorporation », c’est à dire que le médium n’est plus qu’un réceptacle à travers lequel s’exprime ces divers locataires de l’au-delà. Carole Wilson jouit de la réputation d’être l’un des plus extraordinaires médiums du genre au Canada.

Par la technique de la canalisation, la sensitive se place dans un état altéré de conscience ce qui lui permet d’établir un lien entre le plan « terrestre » et celui d’entités supérieures : celles du crâne. À travers cet état, la médium laisse les « consciences » de l’au-delà se substituer à sa propre volonté. La sensitive n’est plus alors qu’un outil — un canal — par lequel ces entités invisibles communiquent leur savoir.

Au gré de ces séances, Carol Davis accède donc au secret du crâne de cristal. D’après elle, la relique serait non pas l’œuvre des Mayas, mais d’une civilisation beaucoup plus ancienne, probablement les Atlantes, cette super civilisation qui — d’après Platon — aurait disparu il y a quelque 10,000 ans. Ce sont des survivants de l’Atlantide qui auraient fait don du crâne de cristal aux anciens Mayas. À en croire la sensitive, la relique renfermerait une sorte de guide permettant aux hommes de s’affranchir de leur pensées primitives pour accéder à un niveau supérieur, plus spirituel. xxii

Au début, Carole Davis se montre réticente à rendre publics les « enseignement » du crâne. Elle est d’avis que ces révélations sont trop inhabituelles et extraordinaires pour être galvaudées sur la place publique. Qui plus est, elle se doute bien que ces informations risquent de soulever l’ire des historiens et des archéologues qui ne voient dans le crâne de cristal qu’un simple artefact maya. Mais que faire ? Les enseignements du crâne sont trop importants pour être passés sous silence. En 1985, la sensitive publie The Skull Speaks (en collaboration avec l’auteur Brian Hadley-James), un ouvrage au tirage limité et destiné qu’à un public restreint.xxiii Le livre retrace en détail neuf séances de communication avec le crâne de cristal. On y apprend que l’artéfact aurait été fabriqué il y a quelque 17,000 ans pour devenir le réceptacle d’un savoir spirituel et universel, un savoir peut-être même importé sur Terre par quelque civilisation extraterrestre.xxiv Carole Davis croit que ces enseignements sont les premiers jalons d’un éveil collectif, la genèse de ce que sera peut-être l’homme de demain… s’il sait écouter la voix de la sagesse.

 

Pour en savoir plus sur le crâne de cristal et Anne Mitchell-Hedges :

1 Le crâne de cristal aurait été confié a M. Bill Hohman, ami et compagnon d’Anna Mitchell-Hedges.

i Chris Morton et Ceri Louise Thomas, The Mystery of the Crystal Skulls (Bear & Company Publishing, 1998), pp. 14-15
ii http://www.mitchell-hedges.com/anna/
iii http://www.mitchell-hedges.com/anna/
iv http://www.mitchell-hedges.com/anna/
v http://www.mitchell-hedges.com/anna/
vi http://www.mitchell-hedges.com/fa/
vii F.A. Mitchell-Hedges, Danger My Ally (Mitchell-Hedges & Honey, 1995), p. 21
viii F.A. Mitchell-Hedges, Danger My Ally (Mitchell-Hedges & Honey, 1995), pp. 29-30
ix F.A. Mitchell-Hedges, Danger My Ally (Mitchell-Hedges & Honey, 1995), pp. 31-32
x http://www.mitchell-hedges.com/fa/
xi F.A. Mitchell-Hedges, Danger My Ally (Mitchell-Hedges & Honey, 1995), p. 84
xii F.A. Mitchell-Hedges, Danger My Ally (Mitchell-Hedges & Honey, 1995), pp. 93-101
xiii Chris Morton et Ceri Louise Thomas, The Mystery of the Crystal Skulls (Bear & Company Publishing, 1998), p. 12
xiv Chris Morton et Ceri Louise Thomas, The Mystery of the Crystal Skulls (Bear & Company Publishing, 1998), pp. 13-14
xv Entrevue avec Anne Mitchell-Hedges 17 février 2005
xvi Chris Morton et Ceri Louise Thomas, The Mystery of the Crystal Skulls (Bear & Company Publishing, 1998), p. 16
xvii Chris Morton et Ceri Louise Thomas, The Mystery of the Crystal Skulls (Bear & Company Publishing, 1998), p. 151
xviii Chris Morton et Ceri Louise Thomas, The Mystery of the Crystal Skulls (Bear & Company Publishing, 1998), pp. 220-226
xix Chris Morton et Ceri Louise Thomas, The Mystery of the Crystal Skulls (Bear & Company Publishing, 1998), p. 20
xx Chris Morton et Ceri Louise Thomas, The Mystery of the Crystal Skulls (Bear & Company Publishing, 1998), p. 61
xxi Chris Morton et Ceri Louise Thomas, The Mystery of the Crystal Skulls (Bear & Company Publishing, 1998), pp. 61-62
xxii Chris Morton et Ceri Louise Thomas, The Mystery of the Crystal Skulls (Bear & Company Publishing, 1998), pp. 60-72
xxiii Chris Morton et Ceri Louise Thomas, The Mystery of the Crystal Skulls (Bear & Company Publishing, 1998), p. 62
xxiv Chris Morton et Ceri Louise Thomas, The Mystery of the Crystal Skulls (Bear & Company Publishing, 1998), p. 64

A propos de l'auteur

Laisser un commentaire